Conditions de prises de vues et conclusions ...

 

 

1ere Partie : les conditions des tests et des prises de vues

Avant d'effectuer les prises de vues, nous avons sélectionné plusieurs séquences vidéo issues du seigneur des Anneaux et de Gladiator. Les raisons principales ont été que nous souhaitions choisir des DVD connus par le plus grand nombre, que nous connaissions bien pour les avoir visionné un certain nombre de fois, et de pouvoir  ainsi mieux comparer les qualités vidéo de chaque source.

1- Matériel de prise de vues utilisé

Nous disposions de 2 appareils photos numériques :

Minolta S404 - Capteur CCD 4 MP Nikon Coolpix 880 - Capteur CCD 3 MP

distance de prise de vues : 4m environ de l'écran. Prises de vues sur pied, avec retardateur.

distance de visionnage : 3m80 environ. Obscurité quasi-totale.

Chaque prise de vue a été faite en 2200 points, puis retaillé sans autre retouche en 1024*768.

 

2- Sources vidéo

Liaison Y/C : Lecteur de DVD Pioneer DV444

(notez la présence de l'ampli à tubes HIFI au dessus du lecteur et l'ampli HC Sony STR-845
Liaison YUV :
. Lecteur de DVD GlobalSphere (YUV entrelacé)
. Lecteur de DVD Toshiba SD-220 (YUV entrelacé)
. Lecteur de DVD Denon 2800 MK I ( YUV Pal Progressif)

Liaison RGB :
PCHC (carte ATI Radeon 7500, lecteur DVDRom Pioneer SlotOne) connecté en VGA (PAL Progressif). Utilisation d'un ensemble clavier/souris sans fil.

Soft utilisé : ZoomPlayer 2.90+graph Sonic Cineplayer 1.5 (vidéo) et WindDVD (audio) en résolution 1024*768 50Hz avec le logiciel Reclock.

 

3- connectique utilisée

1 cordon S-Vidéo (ushiden-ushiden) standard longueur 5m

1 cordon YUV DIY à base de câble coaxial KX6 et fiches RCA pro plaquée or longueur 4m

1 cordon VGA/VGA 5m

Ce qui donne au final connectés sur le Sanyo-PLV Z1...

 

4- Ecran utilisé et correction colorimétrique

Nous avons effectué nos différents tests sur l'écran DIY de François, un écran 16/9 de 2m de base.

Mais cet écran est très particulier et est le résultat de pas mal de recherches et d'essais, basés sur les observations et mesures de OLIN et MLILL qui conseillent avec le Z1 d'utiliser un filtre correcteur CC30R afin de compenser un léger déficit dans le rouge pour une température de couleur avoisinant les 6500K.

Dans un premier temps, François a réalisé de nombreux réglages à partir d'un filtre Kodak CC30R.

Au bout d'un certain temps, une constatation s'est imposée : la colorimétrie peut être linéarisée et donc faire en sorte que les couleurs soient les plus fidèles possibles, mais le filtre diminue d'environ 15% la luminosité. Résultat, une image avec moins de pêche.

L'idée a donc germée de constituer un écran ayant une teinte rosé, qui agirait comme un filtre, mais en conserver la luminosité d'origine, à savoir environ 500LA en mode ECO avec le Z1.

Cela donne donc le résultat suivant :

 

Mon avis personnel et le plus objectif sur la question...

J'avoue très humblement avoir été dubitatif lorsque François m'a présenté son idée.

Le résultat est déroutant sur plusieurs points :

- l'écran de couleur rosé est assez surprenant d'un point de vue purement esthétique, mais pas du tout choquant. De plus, l'intégration peut être encore améliorées avec des rideaux par exemple. Cela demande un coefficient WAF plus important pour un salon, mais dans une salle dédiée c'est une solution que je recommande. Côté coefficient WAF, François est bien loti : écran rosé et PCHC dans son salon de 48m²!

- l'apport est indéniable : les couleurs ne perdent en rien de leur fraîcheur, la colorimétrie est meilleure que ce que j'ai pu obtenir chez moi sur un écran blanc mat Da-Lite. Les blancs sont bien blancs et non pas légèrement rosés. Le plus marquant pour moi est encore la profondeur des noirs obtenus : des noirs profonds, aussi profonds que les meilleurs DLP que j'ai pu voir.

Pour moi, autant l'apport d'un filtre correcteur CC30R reste encore quelque chose qui ne m'a pas totalement convaincu, autant cet écran renforce toute la palette graphique.

 

4- nos profils...

Nous ne sommes ni des références, ni des professionnels du HC et des réglages. Mais simplement des passionnés de 10 ans et plus, adultes, pères de familles et responsables. Nous avons forgés nos expériences plutôt sur la partie audiophile (idiophile?)  au départ. Nous avons eu l'occasion ensuite de voir fonctionner un certains nombre de produits (lecteurs et vidéoprojecteurs matriciels) dans des conditions diverses, sauf des tri-tubes (malheureusement).

Tout ça pour dire que si les résultats obtenus ne sont pas toujours en phase avec les habitudes homecinéphiles, ils sont simplement ceux que nous avons (très) modestement constatés et que j'ai essayé de vous retranscrire.

 

2ème Partie : nos conclusions

1- Le palmarès

Si nous devions établir un palmarès en fonction de ce que nous avons pu essayer, nous établirions le suivant :

1er PCHC
2e Lecteur de DVD GlobalSphere DVD8034 YUV PAL entrelacé
3e Lecteur de DVD Denon 2800 MK I YUV PAL progressif
4e Lecteur de DVD toshiba SD220YUV PAL entrelacé
5e Lecteur de DVD Pioneer DV444 Y/C

 

Autant retrouver le PCHC était quelque chose de prévisible, autant voir un lecteur bas de gamme à cette place nous a littéralement bluffé! Nous avons dû pousser nos comparaisons au plus loin pour pouvoir constater çà et l'écrire...

 

2- Détail des tests par source

 

1er : LE PCHC

Incontestablement le grand vainqueur de notre comparatif sur la définition de l'image obtenue et la justesse de sa colorimétrie.

C'est la seule image qui donne une impression de relief à l'image. Le piqué est chirurgical, les arrière-plans se détachent des premiers plans, ce qui donnent une belle profondeur de champ à l'image. Les couleurs sont saturées à souhait. 

Mais le revers de la médaille est qu'il ne pardonne rien aux DVD moins bien encodés, et fait invariablement ressortir tous les défauts de compression, là où les lecteurs traditionnels en YUV ou Y/C lissent davantage l'image.

De plus, avec un PCHC sur une Sanyo PLV-Z1, l'image affichée est intégrale. Dans les autres cas, il manque un bout de l'image tout autour (voir les screenshots de Gandalf par exemple, et se repérer par rapport au chapeau). Mais cela n'ai pas gênant à l'usage.

A noter que nous ne voyons quasiment aucune différence entre 800*600, 960*540 et 1024*768 sur la Sanyo PLV-Z1. Il est intellectuellement satisfaisant d'utiliser du 1024*768 ou 960*540 qui sont à priori sans perte d'info, mais bon...

Mais une autre constatation est que le Sanyo PLV-Z1 ne fonctionnent correctement qu'en 1024*768 ou 800*600 50Hz avec Reclock et 960*540 en 60Hz. Dans tout autre fréquence, c'est peine perdue : les saccades sont inévitables.

Avantages Inconvénients
piqué et précision de l'image Ce n'est pas du "plug and play". Il est important de consacrer du temps et de l'énergie pour parvenir à des réglages satisfaisants et éliminer les problèmes de saccades par exemple. On peut très bien comprendre que tout le monde n'est pas envie de s'investir autant, mais ceux qui veulent le faire seront récompensés de leurs efforts.
justesse de la colorimétrie On sent la touche "informatique" à l'utilisation. Moi, personnellement ça me gêne un peu car la technique est un peu trop présente (démarrage de Windows, lancement d'une application).
niveau des noirs Stabilité de la plate-forme technique. un micro, ça bloque parfois. très rarement, mais ça peut arriver.
intégralité de l'image restituée Demande un coefficient WAF plus important qu'un lecteur de DVD si ce n'est pas une salle dédiée. Chez François, ce n'est pas un problème, chez moi c'est impossible par exemple.

Toutefois, sur ce point, il est possible d'améliorer les choses en mettant un boitier type HIFI. Mais encore une fois, cela demande un peu de temps et un peu d'argent.

prix de revient si on possède déjà un PC avec un bonne carte graphique, ATI de préférence. Prix de revient si l'on ne dispose pas d'un PC.
Possibilité de réglages (gamma, overlay, etc...) Ne pardonne rien à l'image mal encodée : les défauts d'un DVD sont plus visibles.
Evolutivité de l'ensemble  

 

2ème : LE LECTEUR DE DVD GLOBALSPHERE DVD8034

Incontestablement la plus grande surprise de nos banc-tests.

Il se trouve qu'initialement, ce lecteur n'était pas prévu. Mais apprenant son existence dans une chambre comme lecteur d'appoint, j'ai voulu le passer à la moulinette, car j'ai constaté qu'il disposait d'une sortie YUV. Je pensais mettre en exergue le peu de qualité que présente un lecteur bas de gamme comparé à des lecteurs bas de gamme comme le Toshiba SD-220 ou un Pioneer DV444.

Quelle gifle! ce lecteur a présenté le meilleur piqué de tous les lecteurs présents, excepté le PCHC, la colorimétrie la plus juste et un niveau de noir excellent.

Les contours sont très définis, les arrières-plans fourmillent quasiment pas, sauf à s'approcher à moins de 2m. Pas de lignage, de macro-blocs de pixels, de bouillie sur les dégradés ni d'effet stromboscopiques. Une véritable anomalie, un non sens pour nous!

Certes, le lecteur fait très "cheap", son look est quelconque, même plutôt bas de gamme avec ses plastiques de très moyenne qualité. On sent bien que la mécanique n'a pas la robustesse de lecteur de marque. Même le toshiba SD-220 à 170 euros fait bien plus classe.

A l'arrière, point de sortie optique pour l'audio, ni de sortie RVB via la péritel.

Mais si on tient compte uniquement des résultats vidéo, ce lecteur nous a surpris. Peut être à mettre à son débit une image avec un très léger manque de "pêche", mais vraiment pour lui trouver quelque chose sur la partie vidéo. Quand on pense qu'il est vendu 99 euros, lit les MP3 ... Cela nous à laissé songeur. Par curiosité, nous avons connecté ce lecteur en écoute CD, mais là pas de surprise : un son neutre, sans éclat, sans véritable relief.

Avantages Inconvénients
piqué et précision de l'image en YUV Look banal
Rapport qualité/prix imbattable Finition bon marché
niveau des noirs obtenus Mécanique de tiroir que l'on sent perfectible
bonne colorimétrie  

 

3ème : LE LECTEUR DE DVD DENON 2800 MK I

Incontestablement la mauvaise surprise de nos banc-tests.

non pas qu'il soit mauvais, bien au contraire. Nous nous sommes trouvé en présence d'un beau lecteur, robuste, bien fini, imposant. l'image délivrée était très belle, très douce, aucun fourmillement ni aliasing décelé. Niveau des noirs très bons là aussi, dans la même veine que ce que nous avons obtenu précédemment. L'image est très lissée, très fluide, et sa colorimétrie très agréable

Mais ce que nous attendions d'un lecteur positionné à 1000 euros, c'était une définition de haute volée. Or, le piqué d'image est très décevant, moyen, sans plus, un peu meilleur que le résultat obtenu en s-vidéo. Par contre sa fluidité est exemplaire, la meilleure que nous ayans perçue.

Passant après un lecteur bas de gamme comme le globalSphere, cela fait mal... le lecteur GlobalSphere est nettement meilleur sur ce point.

Par contre, l'apport du Progressive Scan ne nous a pas sauté aux yeux. Peut-être cette fluidité de l'image caractéristique, mais peut-être aussi est il responsable de ce manque de piqué sur ce lecteur. Le comparer au 2800 MK II aurait été des plus interessant.

Avantages Inconvénients
Qualité de finition du lecteur et mécanique rapport prix/prestations
Aucun fourmillement sur les arrières-plans piqué de l'image insuffisant
niveau des noirs obtenus encombrement du lecteur
Image très douce et très fluide  

 

4ème : LE LECTEUR DE DVD TOSHIBA SD-220

Nous sommes en présence d'un lecteur sérieux, au look sage et à l'encombrement réduit.

Compte-tenu de son tarif, nous n'avons pas de griefs particuliers, mais il est légèrement en retrait au niveau des performances vidéos par rapport aux lecteurs précédents : fourmillements en arrière-plans à peine plus présents (mais qui ne se voient plus à partir de 3m), niveau des noirs un peu moins dense, colorimétrie assez froide.

Le piqué de l'image est au niveau de Denon, la fluidité en moins.

Ce qui nous a gêné le plus est une petite tendance parkinsonienne par moment, à savoir un léger "tremblement", une image qui vibrait par moment. les effets de crénelage (aliasing) étaient parfois plus perceptibles aussi. Par contre, nous n'avons pas constaté d'effet de lignage ou de balayage avec ce lecteur comme nous avons pu le lire.

Globalement, des prestations honnêtes, mais qui peuvent être améliorées.

Avantages Inconvénients
Prix Léger fourmillement sur les arrières-plans
encombrement du lecteur Léger tremblement sur certains plans fixes.
présence du sortie YUV sur le lecteur lui permettant d'être meilleur que le Pioneer en Y/C niveau des noirs obtenus légèrement inférieurs à ceux rencontrés précédemment

 

5ème : LE LECTEUR DE DVD PIONEER DV444

Ce lecteur à une apparence très sobre, assez classieuse, et la finition est excellente.

Malheureusement pour lui, il ne dispose pas d'une sortie YUV qui fait la différence en vidéoprojection, et ça se voit. Il est toutefois doté d'une sortie RVB via la prise Scart (péritel), ce qui permettrait sans doute d'obtenir de meilleurs résultats, mais nous ne disposions pas du cordon nécessaire. Mais comme l'idée était de tester une image en Y/C, ce lecteur est parfaitement désigné.

Résultat : en Y/C, l'image délivrée est de bonne tenue, des couleurs très claires et lumineuses, une bonne dynamique générale caractéristiques d'une sortie s-vidéo de qualité. Mais la définition est clairement en deçà  des images précédentes sur le plan de la définition et du piqué. Les contours sont imprécis, certaines couleurs (le rouge notamment) bavent légèrement, les noirs sont moins bons (bien que très honnêtes), surtout perceptible par le faible niveau de détails dans les scènes sombres, la profondeur de champ est réduite par rapport au signal composante  bien qu'encore bonne, et surtout des fourmillements terribles sur les arrières-plans. sur ce dernier point, l'écart se creuse avec les lecteurs délivrant une image en composantes.

Mais pas d'amalgame : l'image bien que nettement inférieure est déjà belle avec une bonne sortie Y/C comem celle du Pioneer, n'en doutons point.

Avantages Inconvénients
qualité globale du produit Fourmillements de l'image
format plutôt mince en épaisseur (SLIM) du lecteur qui facilite son intégration. absence d'une sortie YUV 
  niveau des noirs obtenus légèrement inférieurs à ceux rencontrés précédemment.
  Peu de réglages disponibles via la sortie Y/C

 

3- Conclusion finale

 

- Le PCHC est vraiment à part sur le plan du piqué de l'image : la seule source donnant cette impression de relief à l'image. A quand des lecteurs DVD de salon avec ce résultat?

- L'image en YUV est meilleure qu'en Y/C, surtout d'un point de vue piqué image et fourmillements des arrière-plans.

- L'image Y/C est déjà tout à fait exploitable malgré tout et est capable de donner déjà du plaisir.

- Contrairement à pas mal de spécialistes, nous ne trouvons pas le scaler et processeurs de désentrelacement interne fourni par Sanyo sur le  PLV-Z1 si mauvais que cela. Ce n'est pas une puce Sage/Faroudja FLI23xx (DCDI) ni une Silicon Image SIL504, mais le boulot est quand même pas mal fait : pas de tiring (déchirement de l'image), pas de pixelisation à outrance, pas de lignage intempestif. Nous sommes d'accord que par le fait que sur certains plans le résultat peut être encore amélioré, mais c'est déjà  du bon travail.

 

Concernant cette hiérarchie que nous avons essayer d'établir le plus objectivement possible, nous ne sommes pas en train de dire :        " jetez vos HKDV25/Micromega Minium/Pioneer 757Ai et rachetez tous un Global Sphère".

Certes non, je m'en garderais bien.

Simplement un lecteur de base en YUV est déjà capable de délivrer une grande et belle image. L'électronique embarquée dans les lecteur est parfois déjà d'un niveau satisfaisant sur le plan de la qualité vidéo, des progrès ont été réalisés sur ce point.

Il est important de bien jauger son lecteur doté d'une sortie YUV avant d'envisager un lecteur haut de gamme, car la plus-value n'est pas toujours proportionnelle à l'investissement de départ.

 

Au plaisir de poursuivre sur cette voie....